Journal de la mue °

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Bunny
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Journal de la mue °

Message par Bunny le Jeu 15 Nov 2012 - 10:40

^-^! Me revoici avec des poèmes que l'on devrait davantage qualifier de textes poétiques. Qu'on aime ou non, ma foi, chacun ses goûts; qu'on puisse les trouver trop noirs ou s'inquiéter pour ma santé mentale ... c'est qu'on ne connaît rien à l'écriture.

Ce topic regroupera les différents textes écrits en ce début d'année, achevés fin juillet ou pour être plus précis stoppés à cette période. J'écris selon mes humeurs, et de toute évidence ce début d'année, riche en changements -un peu trop même à mon goût, mais bon j'ai deux bras, deux jambes qui fonctionnent parfaitement, était propice à l'écriture.

J'ai pensé un temps me remettre sérieusement à écrire, non plus me contenter de jets comme ceux-ci mais travailler les textes. Finalement, ce n'est pas pour moi. L'écriture c'est ma planche de salut en quelque sorte, une façon de prendre du recul: aujourd'hui si j'ai cessé d'écrire c'est que cela suffit, que je suis passée à autre chose, la mue est faite, du moins le plus gros. Possible que cela me revienne.

Sur ce, bonne lecture :°)




Hop, premier extrait:


Je reprends le fil. Ou plutôt je n'égrène plus mes restes de la journée comme des miettes que le vent balaie, que les bêtes engouffrent dans leur panse pour ainsi devenir l'innommé. Je tâche désormais d'en épingler le moindre signe, les plus infimes soubresauts du corps vers la pensée qui me les ravit. C'est se ravir, se raviser d'être que d'écrire. Mais ce n'est pas tout, ce n'est pas seulement se dégonfler, c'est aussi se tenir en éveil que tenir un journal. C'est malmener l'être jusqu'à ce qu'il suffoque de n'être plus lui-même, ce moi qu'une pression insoutenable ravage puis qui finalement éclate.

(...)

Comment peut-on le lendemain, ou même dans la seconde qui suit un état de fièvre, réintroduire la routine comme si de rien n’était ? Comme si la mort n’était pas venue avec son cortège de flammes irradier l’imposture : nos vies, cette vie, ces mains, cette voix, ces mascarades grotesques, ces mimétiques farces venues de je ne sais où, qui sait, d’une planète lointaine? Et c’est elle encore qui dans l’organe taquine nos veines bleuâtres, les empourpre, souille les larmes de vésicules rouges et jaunes, pareil à cet œil malade aux pupilles disjonctées. Comme si la mort ne venait pas te rire au nez de tout ce qui en toi s’écrase, s’entasse. Et toi, les nerfs tendus, retenant en filet cette fosse commune où vient se perdre la vie qui, en toi, toujours en toi, se brise, se défait, s’exile puis renaît d’une douleur démoniaque.

A peine s’est-on remit d’un tel désastre qu’un nouvel orage s’installe. Mais ne vous imaginez pas un être-libre. La liberté ne nous intéresse pas. En fin de compte les chaînes qui tenaillent nos chairs nous sont précieuses, ces dernières motivent, maintiennent l’excellence de nos douleurs. Sans elles, comment supporter de n’être plus feu mais cendres ? L’ordre auquel nous ne nous soumettons jamais qu’en partie est un ordre salutaire. Se soumettre n’a jamais mis qu’en veille les bouillonnements internes. C’est ainsi que nos haches décapitent des maîtres-proies fabriqués de toutes pièces par ceux-là même qui les combattent –nous, pour qu’enfin les chairs infectées qu’irrigue le formol de nos veines brûlent d’un feu nouveau.

(...)

De toute évidence nous ne sommes pas prêt au sacrifice des vies confortablement assises, bien propres, qui se lavent le visage, se dentifricent avant de passer à l’attaque. C’est l’haleine impeccable que nous poussons des cris. Le désespoir sent bon le chic et la connerie. Et même ici, on s’arrange pour que le verbe flatte l’œil. Est-ce lui, là, sapé comme une vieille pouff*asse, l’orgueil bâtard, cette aliénée puta*n avec ses tours passe-passe ?

Qui va-là ?

Qui ose, planter ses frimes hideuses dans ma laine incarnate ?
Qui vient, masturber ses querelles dans ma plaine dévastée ?

C’est l’idée, c’est l’idée qui te souffle les mots quand tu voudrais la faire taire. Quand tu voudrais t’extraire du cadre opiacé qui t’enveloppe, et n’être plus cette breloque où tremble l’esprit, ce voleur de corps qui du corps te détruit. C’est elle, l’idée, et la mort qui te renifle.




Fin du premier extrait
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Re: Journal de la mue °

Message par Keniori Mortback le Jeu 15 Nov 2012 - 12:26

Merci pour ces extraits qui sont dans un premier abord, pas facile à saisir et c'est là sans doute la force de vos écrits.


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Re: Journal de la mue °

Message par Luciole le Jeu 15 Nov 2012 - 13:18

Merci pour cet extrait fort bien écrit

La lecture est fluide, vraiment agréable
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Re: Journal de la mue °

Message par Hero le Jeu 15 Nov 2012 - 19:44

très bonne idée de nous les faire partager !! j'adore ton style, je dirais, frénétique ^^
n'hésite pas à en publier plus, vive l'écriture !!
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Re: Journal de la mue °

Message par Bunny le Jeu 15 Nov 2012 - 20:42

Merci ^-^!

D'autres seront postés ;p
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Re: Journal de la mue °

Message par Ori le Ven 16 Nov 2012 - 1:50

C'est vrai que ça se lit très bien, c'est très fluide, j'aime beaucoup ce que tu écris! Continue, je te lirais avec plaisir!


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Re: Journal de la mue °

Message par Bunny le Mar 18 Déc 2012 - 14:19

Avril 2012

J'suis pas aussi sage qu'on s'le dit, derrière le masque qui peut saisir tous les marasmes qui m'triturent l'esprit, j'me sens pas dans l'image dont les mères et les pères nous maquillent, et si j'fais bonne figure, avec le temps, y'a comme un trop plein qui m'défigure, que veux-tu, à force de censure tout m'remonte, démonte vos murs de briques, la solitude me ronge, la rancœur aussi d'vos rêves trop fragiles, m'man tu t'trompes, mais comment t'le dire, de ces non-dits qui nous brisent, de cette vie qui me quitte, l'enfance est loin, perdue, m'recueillir sur ton sein, j'peux plus, alors j'm'enlise, d'nos dettes m'acquitte, mais adulte, j'n'en ai que l'âge, pas la carrure, sans rien divulguer périclite sous l'poids d'passions trop brutes.

De cet aveu soit tranquille j'tiens bon, maintiens l'cap, et si parfois j'dérape, j'reste droite, t'inquiète, j'finirai pas chienne, c'est pas ça l'problème, d''mes peines comment t'exprimer toute l'amertume, sans qu'tu t'fâches ni t'alarmes de c'qui bruit dans mon sang, c'même sang qui coule dans nos veines, et qui d'mes peines exhume l'horreur disjointe d'un mal que rien ne freine, quelles mains calmer ce front oint d'imposture, quelle manne souffrir nos âmes meurtries, impures? non, même pas pour la rime.

D'nos vies décousues, j'ai perdu l'fil, seuls me restent ces relents d'une haine indicible, y'a rien de sale, épargne-moi s'linge bête, le cœur perclus j'racle quelques mots, d'mes mains traduit ce qui doit être tu, à tue-tête enclave la détresse, déleste vos mièvreries indigestes, qu'm'importe vos narcissiques prières, quand dans ma viande tout s'irrite d'vos leçons, trop frêle pour en contenir l'averse, de c'qui s'trame sous la peau, expurge les maux, des mots moites, des maux, les mots noirs, démone narre le daïmon, du daïmon le stupre d'idéaux malades, m'étiole en lettres moirées, quitte à y perdre une ou deux pattes, telle l'opilione, dédaigne vos règnes axiomes.

J'suis pas si mignonne, en vrai, j'me sens pas dans l'image que les mères et les pères nous façonnent, d'cette vérité tronquée j'ai vu au delà du soutenable, irrésolue j'en conserve les stigmates, et j'sais pas comment d'mes peines t'exprimer l'ineffable affect, sans qu'tu fâches ni t'alarmes de c'qui bruit dans mon sang, c'même sang qui coule dans nos veines, et qui d'mes peines exhale l'horreur disjointe d'un mal que rien ne freine, quelles mains calmer ce front oint d'imposture, quelle manne souffrir nos âmes meurtries, impures? non, même pas pour la frime.

D'son nom que leurs voix prononcent sans réaliser l'affront qu'elles me lancent, j'maintiens tant bien que mal l'humeur sereine, tandis qu'du dedans tout m'remonte, démonte leurs gueules bavardes de pics acerbe, et j'écris, écris, déglutit l'implacable rancune d'nos vies lisses, trop lisses, glisse, condamne vos pistes répétitives, d'nos routines assassines dénonce l'abrutissante bouffonnerie, bordel ça m'tiraille l'orgueil d'être si clean, tambourinent les mots, dans ma cervelle en miette, des mots, toujours les mots, d'nos vies bricolées à la va-vite, exècre le grief bariolé d'complaintes sinistres, l'désastre s'invite dans l'enfer de ma petite chambre, et j'sais plus d'mes peines quelle est la rengaine, ma lyrique put*in, dis, de nous deux, quelle est la plus à plaindre?




Le style diffère un peu, clairement inspiré du rap de quelques amis ^^! Alà
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Re: Journal de la mue °

Message par Keniori Mortback le Mar 18 Déc 2012 - 14:43

Bravo pour votre poème, avec cette profonde mélancholie.


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Re: Journal de la mue °

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