Du jeu au jeu-film, du joueur au spectateur

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    thorn-rock

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    Débat Du jeu au jeu-film, du joueur au spectateur

    Message par thorn-rock le Lun 20 Juil 2009 - 7:56

    Notre estimé spécialiste en histoire du jeu vidéo Shojikama-san a récemment soulevé un point qui m'a paru intéressant :

    "les BO ne sont plus aussi bonnes qu'antan, vu qu'avant les musiques parlaient pour les personnages elles avaient beaucoup plus de place"

    Comme je suis méchant et radicaliste, je me permet d'élargir cette idée à l'ensemble du processus créatif d'un jeu vidéo.

    Depuis quelque temps on a pu observer l'influence grandissante du cinéma sur le jeu vidéo. Le cinéma est constitué de 3 processus créatifs principaux : la réalisation, le jeu d'acteur, et la composition d'un bande originale. Voyons l'influence de chacun de ces éléments sur le jeu vidéo :

    La réalisation / La caméra :

    Alone in the Dark, puis Resident Evil à plus grande échelle, furent les premiers jeux à vanter les mérites d'une caméra fixe pour ses vertus cinématographiques : une caméra fixe permet de surprendre le joueur à grands coups d'ennemis cachés derrière un meuble, au plafond, etc. Elle permet aussi de poser un cadre en plaçant la caméra comme l'aurait fait un réalisateur de films. Bien sûr ce genre de choses n'auraient pas été possibles si le joueur avait été libre de manipuler la caméra, mais en attendant, c'est une catastrophe pour le gameplay. Le contrôle du personnage est pour le moins chaotique et on tire sur des ennemis qui sont en dehors de l'écran, sans même savoir si on atteint la cible. Tout ceci mène Capcom à développer un système de visée automatique. C'est à dire que le joueur n'a même plus à viser l'adversaire... Un pas de plus vers le jeu-film.

    Le jeu d'acteur / Les cinématiques et les voix :

    Pour revenir sur ce que disait Shoji, les musiques de l'époque permettaient aux personnages d'exprimer leurs sentiments. Quel est donc le substitut cinématographique qui est venu remplacer ce principe ? Les voix bien sûr. Les voix et les cinématiques. Auparavant les personnages ne parlaient pas, il n'y avait jamais de gros plans sur leurs visages pour montrer leurs expressions. Comment se fait-il que, malgré tout ça, je considère toujours Seiken Densetsu 1 comme un des jeux les plus chargés émotionellement auquel j'ai pu jouer ? Comment se fait il que les fans de Final Fantasy parlent encore de l'excellente scène du théâtre de FF6 ? Comment se fait il qu'un bon nombre de joueurs ne veulent toujours pas de doublage dans Zelda ? La réponse est simple, les cinématiques coupent cours à toute interprétation. A cause des cinématiques et des voix, il n'y a plus d'interprétations possible, le personnage a parlé de cette manière précise, en ayant telle expression, un point c'est tout. En se rapprochant du cinéma, on a donc perdu une richesse du jeu vidéo qui est de laisser le joueur interpréter les émotions et les situations qui lui sont proposées.

    BO de films / BO de jeux :

    En général les BO de films sont composées en fonction de ce qui se passe à l'écran. En fonction des situations, on aura une musique rythmée, triste, joyeuse, etc. Pour ce qui est du jeu vidéo, les BO étaient composées de manière différentes. Elles étaient construites par thèmes. Chaque personnage a son thème qui vient pallier à l'absence de doublage lors des moments forts de l'intrigue. Chaque lieu a son thème, dégageant une ambiance différente à chaque fois. Une fois encore, on observera que les BO de jeux s'inspirent maintenant d'avantage des BO de films et perdent cette richesse qui leur était propre. Les persos n'ont plus de thème attribués puisque lorsqu'ils sont mis en scène c'est par des cinématiques, qui appellent donc un traitement de la musique façon film. On pourra objecter cependant que certaines BO de films sont construites autour de thèmes, exactement comme une BO de jeux. C'est vrai que John Williams fait toujours ça, mais c'est une exception croyez moi. La plupart des compositeurs de BO de cinéma travaillent uniquement sur le fait de suivre la réalisation, et non avec des thèmes par persos ou par lieux. Bref, encore une particularité qu'avait le jeu vidéo qui s'estompe au fil du temps, au fur et à mesure que le jeu se transforme en jeu-film.

    Le jeu vidéo, 8ème art :

    Est-ce que le jeu vidéo deviens une pâle copie du cinéma plutôt que de s'assumer en tant qu'art ?

    Comment une forme d'art se distingue d'une autre ? Elle a son propre mode de fonctionnement, et permet d'accéder à des sensations qu'une autre forme d'art n'aurait pas pu fournir à l'audience. Ainsi la fiction en littérature se distingue de la fiction au cinéma car le mode de fonctionnement du roman permet à l'auteur d'exploiter ce qu'il a d'unique pour fournir au lecteur des sensations qu'il n'aurait pas eu face à un film. Si vous me suivez toujours, vous en viendrez à la conclusion que le rapprochement entre le film et le jeu vidéo revient à l'appauvrissement de jeu vidéo en tant qu'art. Il perd son mode de fonctionnement en empruntant de plus en plus à celui du cinéma.

    Par la même, le rôle du joueur change radicalement. Un exemple, dans Final Fantasy IV, le joueur joue un rôle important dans la création de l'œuvre parce qu'on ne lui fournit pas de manière directe les sensations qu'il pourrait en retirer. Pas de cinématiques pour figer les sensations dans une seule interprétation possible. Quand tel perso trahit tel autre perso (pas de noms - pas de spoilers XD), le joueur effectue un travail d'imagination très important pour donner à ses quelques pixels les expressions qu'ils sont sensés avoir. Il interprète les émotions des personnages et créer sa version unique de la scène. Un autre joueur n'aura pas ressentit les choses de la même manière, car il aura contribué différemment à l'œuvre en imaginant sa propre version de la scène. Dans un jeu plus récent, l'action est figé par une cinématique qui vient vous mâcher tout le travail et vous voilà aussi passif que si vous étiez assis devant votre feuilleton du dimanche soir. Vous passez de co-créateur de l'œuvre à un état de passivité ou vous vous contentez de consommer sans prendre part au processus créatif.

    La question qui se pose est donc : après avoir bouffé du jeu-film à tout va, seriez vous toujours capable de faire ce travail d'approche si vous étiez confronté à une œuvre qui n'exploite pas le mode de fonctionnement du cinéma ? Une œuvre qui communique avec vous par ses propres moyens plutôt que de proposer une création figée, sans interprétation possible, dont le processus créatif fonctionne à sens unique. Bref, une œuvre qui assume le fait de ne pas être un film, pas non plus un roman ou une peinture, mais bien un jeu vidéo, dans tout ce qu'il a d'unique et d'artistique.


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    Hero

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    Débat Re: Du jeu au jeu-film, du joueur au spectateur

    Message par Hero le Lun 20 Juil 2009 - 9:00

    bonne analyse ^^

    bas a la fin t'as pas tord, j'ai toujours joué a des "jeux-film" a cause de mon jeune âge, et quand j'ai commencer FFIV bas ça m'as pas vraiment plus, et en lisant ça je croit comprendre pourquoi (mais ça va changer j'ai plein d'oldies parez au lancement dans mon émulateur )


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    Débat Re: Du jeu au jeu-film, du joueur au spectateur

    Message par kaelkael le Lun 20 Juil 2009 - 11:14

    Tiens c est marrant tout ca moi aussi je le pense, et d ailleurs j ai peur pour l avenir du jeu vidéo.... Le problème si on reconnait le jeu vidéo maintenant, car l industrie rapporte plus que le cinéma et c est pour cette raison qu on voit Cameron ou Spilberg qui se tourne vers les jeux vidéo. Puis après le jeu vidéo a toujours été influencé par le cinéma. Forcement on voit mal le jeu Pong ou Pacman, mais il y a des jeux jeux qui ont suivi le même structure comme les MOH ou encore MGS.... Mais le problème jeu vidéo a été sous estimé mais pas aujourd'hui avec la crise au cinéma amerloc.....

    Draoude

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    Débat Re: Du jeu au jeu-film, du joueur au spectateur

    Message par Draoude le Lun 20 Juil 2009 - 12:04

    Le jeux vidéo évolue, pour le meilleur et pour le pire. Ce n'était pas mieux avant, c'était juste nouveau. Quand on a 15 ans de jeux vidéo en mémoire, on est plus difficile à contenter et c'est pour cela qu'on retourne aux premiers jeux qui nous ont forcement apporté beaucoup d'émotions.
    Il y a toujours autant de grand titre qu'avant, ils sont juste noyé dans la masse de me.rde calibré.
    Dans les années 90 la mode était (sur PC) aux film/jeux interactif avec Under a killing moon par exemple. La limite entre le film et le jv était déjà floue. Et comme pour un film ou une série télé, de mauvais doublages nuisent à l'œuvre. Cela ne veut pas dire que le silence est la meilleur option, ça veut juste dire qu'il faut se sortir les doigts du c.l et prêter une attention toute particulière aux dialogues, comme dans les films d'autrefois.
    Des jeux comme Mass Effect puisent très fortement dans le cinéma pour leur mise en scène et leur dynamisme mais n'enferment pas pour autant le joueur.
    On ne peut pas mettre une frontière hermétique entre les différents arts. La musique, le jeux-vidéo et le cinéma sont fait pour converger et se meler avec plus ou moins de bonheur. C'est ce qui fait la différence entre les grands titres et les moins bon.


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    Débat Re: Du jeu au jeu-film, du joueur au spectateur

    Message par kaelkael le Lun 20 Juil 2009 - 12:24

    Tien j avais pas pensé avec ces jeux et tu as raison de le souligner avec les jeu films/ interactif. dans les années 90 il y a eu un nouvel ère avec les CD qui a bouger les choses notamment avec les CD. On pouvait mettre plus de donnés dans ces galette. Donc certain éditeurs comme SIerra ou US gold ( Eidos) ont cru aux film interactif. On a eu beaucoup dont les mythqiue Under a killing moon ( c était le premier film interactif avec des acteurs en 92) ca a été une mode et C'était très couteux et c est pour cette raison que Sierra a abandoné par la suite.

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    Débat Re: Du jeu au jeu-film, du joueur au spectateur

    Message par Mortback le Lun 20 Juil 2009 - 16:25

    Les jeux vidéos ont évolué techniquement, mais au détriment de la qualité. Le savoir-faire se fait de plus en rare. Pour preuve, certains éditeurs se tournent vers leus "ancêtres" afin d'attirer la fibre nostalgique d'éventuels joueurs.

    Draoude

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    Débat Re: Du jeu au jeu-film, du joueur au spectateur

    Message par Draoude le Lun 20 Juil 2009 - 19:12

    Le savoir faire est toujours là, il suffit juste de donner carte blanche aux développeurs et les joueurs doivent ensuite soutenir les innovations. Il n'est pas normal qu'un titre comme Beyond God and Evil soit un échec commercial.
    Si on veut de bon jeu il faut aussi les acheter quand ils sortent et dépenser un peu moins de tune pour RE 27 et FF 40


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    Débat Re: Du jeu au jeu-film, du joueur au spectateur

    Message par kaelkael le Lun 20 Juil 2009 - 19:16

    Si un peu, car ces licences sont juteux

    Draoude

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    Débat Re: Du jeu au jeu-film, du joueur au spectateur

    Message par Draoude le Lun 20 Juil 2009 - 20:59

    Ben oui mais faut pas oublier que les jeux vidéo c'est un business comme les autres. Pourquoi prendre des risques et sortir des jeux novateurs quand une licence rapporte des millions?


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    Débat Re: Du jeu au jeu-film, du joueur au spectateur

    Message par Neko shojikama le Lun 20 Juil 2009 - 21:16

    Merci pour l'apostrophe ^^ je suis pas LE spécialiste hein beaucoup ici peuvent se targuer d'avoir autant de connaissances et de passion que moi dans ce domaine!

    Sinon pour moi, oui le JV a grandement pris sur le cinéma, et en général de plus en plus avec l'évolution de celui-ci, surtout vis à vis des personnages, je parle de "jeux d'acteurs" oO, de mise en scène, des propos d'analyses filmiques en somme !
    De plus en terme de marketing, ne serait-ce qu'en temps que simple consommateur, la corrélation avec le cinoche se fait facilement, on a des tonnes de jeux business, de gorsses prods etc ... et quelques jolies raretés.

    Enfin rares sont les jeux qui peuvent se dirent propriétaires de leur propre création, le plus récent en date est surement flower, ce genre de titre n'a en rien pris à autres arts, tout en proposant une éxperience géniale.


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    Débat Re: Du jeu au jeu-film, du joueur au spectateur

    Message par thorn-rock le Mar 21 Juil 2009 - 7:17

    Flower est un excellent exemple, c'est vraiment un pur jeu qui offre quelque chose qu'aucune autre forme d'art ne pourrait offrir.

    Évidemment il n'y a pas forcément de mal à ce que le jeu s'inspire du cinéma, ça a pu donner d'excellents résultats par le passé, mais ce serait interessant d'essayer de garder une diversité, c'est à dire de ne pas considérer l'absence de cinématiques comme un défaut par exemple. Ça devrait juste être considéré comme un type différent de jeu, qui n'a pas d'ambition cinématographique, mais qui aura autant (si ce n'est plus) d'effet si il est bien foutu.

    Baten Kaitos n'a pas une seule cinématique (à part un trailer de présentation avant l'écran titre) et c'est quand même mon RPG préféré. Et encore j'ai pas encore fait le 2, il paraît qu'il est encore meilleur, et devinez quoi, y'a pas une seule cinématique dans celui là. Ils ont engagé les mêmes types qui avaient fait la cinématique de présentation du premier, mais ils ont opté pour des persos fixes qui "glissent" sur des paysages fixes. C'est pourtant le deuxième, ça aurait du être plus évolué, mais non, il semble que ces gars soient dans le même délire que ce que j'ai écris plus haut.


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    Débat Re: Du jeu au jeu-film, du joueur au spectateur

    Message par Neko shojikama le Mar 21 Juil 2009 - 10:42

    baten kaitos  c'est un peu du typé old gen malgré une tendance à aller toujours plu loins surtout le origins qui est techniquement moins poussé mais artistiquement une merveille (genre y e un univers fait avec une escpèce de patchwork pris en photo dans la réalité, ça donne un effet de collage unique).De plus l'absence totale de dialogue parlé ça le met totalement à l'opposé d'un rapprochement avec le cinoche, c'est vraiment depuis ce momentt là,  combiné à l'évolution de l'animation des personnages donc plutôt sur la génération précédente, qu'on a put penser à rapprocher les 2 arts.Mais les dev' en ont aussi payé le pris, FF en tête de liste avec FFX premier FF parlé qui a bénéficié d'un doublage US (qui a donc touché tout l'occident) surjoué combiné à une animation qui l'était tout aussi. Certains l'ont pas encore compris mais il est primordiale d'avoir de bons doubleurs et doncs dans le fond, de bons acteurs pour faire un bon jeu.


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    Débat Re: Du jeu au jeu-film, du joueur au spectateur

    Message par kaelkael le Mar 21 Juil 2009 - 13:13

    Pas comme dans SO4

      La date/heure actuelle est Ven 3 Sep 2010 - 2:50